Francis Méan nous transporte "au fil du temps" à la Galerie Schortgen
Par Nathalie Becker, 17/09/2009
S'abîmer dans une œuvre de Francis Méan est une expérience sensorielle et émotionnelle grandiose. En effet, le peintre belge est un de ceux qui aiment à transcrire sur la toile la beauté impalpable et éthérée de la nature et de ses éléments.
Par des coulées délicates de tons légers à la limite du glacis et de la transparence appliqués avec une touche tout en vibration, I’artiste nous transporte vers un univers pictural hautement poétique et harmonieux. Sa peinture est indéniablement celle des sentiments et chaque tableau est une sorte de fenêtre ouverte vers le grandiose, vers la révélation des magnificences de la création.
Avec pour vocabulaire, une abstraction dont le qualificatif de prend ici tout son sens, Francis Méan nous émerveille par sa transcription des évanescences atmosphériques, du cycle des saisons ou bien encore, simplement de I’ombre d'un nuage, de l'étendue aride d'un désert, ou d'un chaotique paysage montagneux.
Tout n'est que suggéré, traduit dans un souffle léger comme une caresse. Rien n'est cacophonique, cinglant ou nerveux. Le pinceau glisse sur la toile, entame une danse élégante, érige les strates successives de matière légère. En effet, l'oeuvre de Francis Méan se déploie en différents degrés.
Il y a le visible qui plaît à l’œil, nous séduit au premier abord. Cependant, si se dissipe le voile de brume infime qui parfois nimbe une toile, nous découvrons, I'invisible, la portée mystique voire cosmique des œuvres. Ainsi, les paysages de Francis Méan sont des tableaux vivants, mouvants, mobiles où ondoient la lumière et la couleur. De plus, la verticalité du mouvement et parfois du format des toiles implique, chez l'artiste, une certaine volonté d'édification spirituelle. Par sa peinture, par son acuité visuelle et sensible qui lui permet d'insuffler à nous, les regardeurs, l'émerveillement, t'épiphanie des beautés du monde, de nous éveiller en quelque sorte, I'artiste entre en contact avec des sphères supérieures. Tel un démiurge, il nous offre avec sa peinture, un moment d'éternité révélée.